mardi 8 mars 2011
La photographie : trésor de guerre ou art des temps de crise ?
Par Michel Poivert, mardi 8 mars 2011 à 10:05 :: Politique culturelle
Paris a célébré l'automne dernier le 30eme anniversaire du « Mois de la Photographie », festival organisé par la municipalité de la Capitale. Des dizaines d’expositions dans les galeries d’art, les musées, les centres culturels, la foire Paris-Photo - plus grand rendez-vous des collectionneurs - ont marqué l’événement. Comme le festival, la photographie contemporaine a 30 ans, le tout début des années 1980 marquant l’arrivée de ce médium dans le domaine de la création contemporaine. Certes, les artistes ont fait usage de la photographie dès le 19eme siècle, mais la légitimité artistique de la photographie est récente. Elle correspond – et compense ? – la fragilité des images d’information touchées par la crise lancinante du photojournalisme. La concurrence de la télévision et les modifications profondes apportées par la technologie numérique, la collusion entre information et communication, ont peu à peu jeté le doute sur les pratiques de reportage. Tant et si bien que sont apparus, depuis plus d'une génération, des « auteurs » qui revendiquent une photographie subjective et affirment leur talent en visant l’exposition plus que la publication. Ils ont été peu à peu débordés par des revendications plus directement artistiques encore. Si l’on voulait caractériser le profond changement dans le domaine photographique depuis 30 ans, on pourrait avancer que le lieu de la consécration sociale du photographe est passée du domaine de l’information à celui de l’art contemporain. Aujourd’hui, en effet, les grands photographes sont au musée et non à la une des journaux.

C'est à partir du mois de mai prochain que Sam Stourdzé dirigera le célèbre 



On a rouvert un haut-fourneau à Charleroi, au sud de Bruxelles, à 2 heures de Paris. Le train qui vous y mène longe le complexe d’Arcelor-Mittal au ralenti, on colle le visage à la vitre pour tenter d’apercevoir les cimes des cheminées mais c’est la masse prodigieuse du ventre ouvert de ces usines qui fascine. Les Becher nous ont offerts ces motifs en noir et blanc comme on nous montre aujourd’hui les cathédrales gothiques, comme c’est dommage: tout est d’un rouge de rouille éclairé dans les parties obscures de puissants projecteurs. Du pur Rembrandt. Tout autant symptôme de l’époque,
C’est peu de dire que l’on manque aujourd’hui d’une politique en matière de photographie. Dans ce contexte de désengagement de l’État, aucun effet d’annonce ne suscitera désormais plus l’intérêt de la communauté culturelle. C’est ce que semble avoir compris l’actuel ministère de la culture en travaillant discrètement à la métamorphose de la médiathèque du patrimoine. Contre toute attente, c’est peut -être dans ce contexte si défavorable que le projet le plus ambitieux est aujourd’hui discuté. Il importait d’en rendre compte ici, sans contrevenir à la confidentialité des travaux du Conseil d’orientation scientifique et culturel réuni depuis le 1er février et présidé par Jean Mesqui.