Celui que le magazine Popular Photography qualifiait en 1958 de «seul portraitiste» parmi les dix plus grands photographes du monde (aux côtés de Ansel Adams, Richard Avedon, Henri Cartier-Bresson, Irving Penn, Eugene Smith…) est doublement mis à l’honneur. Dans le cadre de l'année du Canada à Nice et de l'année de l'Arménie en France, la Portrait Gallery du Canada et le Théâtre de la photographie et de l'Image de Nice ont organisé cette exposition, couvrant les soixante ans de la carrière de Yousuf Karsh (1908-2002). Des 11.000 personnalités photographiés, 100 furent présentées à Nice pendant le Septembre de la photo 2006 et 80 le sont actuellement au Centre culturel canadien.
Célébrités du monde politique, religieux, artistique et scientifique se côtoient, se chevauchent devrait-on dire, sur les quelques cimaises du Centre. L'accrochage est audacieux, mais n'enlève rien au plaisir de regarder ces épreuves. Il invite à une danse que l’on serait bien en mal de refuser et qui renouvelle le parcours du visiteur. Un peu forcé, il se prête au jeu et s’approche, se recule, observe, prend de la distance, lève la tête, se retourne...
Chacun pourra apprécier l’homogénéité de ce travail, avec un goût particulier de l’auteur pour les fonds noirs uniformes et les profils bien dessinés. Si les épreuves témoignent d'une maîtrise technique indéniable, Karsh est aussi reconnu pour ses mises en scène. D’une grande simplicité, elles accusent un désir de réalisme qui allait à l’encontre de la production de style pictorialiste encore en vigueur dans les studios des années 1930. Bien que souvent traditionnelle, la pose est mise en lumière par un éclairage violent, voire dramatique, qui confère une rare intensité à ces modèles.
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