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lundi 22 octobre 2007

Pour Édouard Levé

image Le suicide d’Édouard Levé a fait l’objet de commentaires et d’hommages dans la presse (Libération, Télérama, etc.). Qu’y ajouter? Nous avions entamé un dialogue lors d’un entretien dans Le Bulletin (n° 18, avril 2004), puis j’avais signé un texte de synthèse pour Images au Centre à la demande de Pierre Sanner qui avait passé à Édouard une commande originale en 2004 à partir des tableaux du musée des beaux-arts de Tours (série "Transferts"). Plus récemment – cet été même – j’ai rédigé un texte consacré à Fictions, son dernier livre de photographies (comptant aussi quelques textes) publié chez son éditeur P.O.L, qu’il m’avait demandé pour un livre de la Villa du Parc centre d’art contemporain à Annemasse dirigée par Karine Vonna - institution qui avait produit et exposé certaines images de la série. Édouard avait gentiment accepté de venir parler dans mon séminaire à l’Institut national d’histoire de l’art, ce devait être le 22 novembre prochain. Je donne ici en manière d’hommage à un artiste marquant le texte qui sera bientôt publié par la Villa du Parc.

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mardi 16 octobre 2007

La guerre civile espagnole à l'ICP

L’International Center of Photography de New York consacre actuellement l’ensemble de ses espaces d’exposition à la Guerre Civile Espagnole. Réalisée par Irme Schaber, Richard Whelan (ex-directeur de l’ICP) et Kristen Lubben, une exposition sur Gerda Taro (1910-1937) vient apporter une nouvelle pierre à l’édifice de l’histoire du photojournalisme. Longtemps éclipsée par la célébrité de son maître et compagnon Robert Capa, Taro est ici remise à l’honneur, présentée comme son véritable et nécessaire homologue féminin. S’il ne s’agit pas ici à proprement parler d’une rétrospective (la carrière de la photographe fut extrêmement brève, Taro décédant lors d’un reportage un an après le début du conflit), cette exposition reste majeure, grâce à une sélection de 80 de ses images environ, choisies parmi les archives de l’ICP. Si le style de Taro se révèle être la plupart du temps, sans grande surprise, très proche de celui de Capa, il s’affirme plus personnel dans certaines images plus construites, révélant sa sensibilité aux tendances photographiques contemporaines. Le catalogue accompagnant l’exposition propose une présentation biographique de Taro par Schaber, ainsi qu’un texte passionnant de Whelan sur les problèmes d’attribution des photographies de Taro et de Capa, ainsi que sur la constitution des archives de la photographe. Outre d’excellentes reproductions des œuvres exposées, on y trouve aussi quelques pages tirées de reportages de Taro publiés pour la grande majorité d’entre eux dans Regards et Ce Soir.

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mardi 9 octobre 2007

Steichen, le musée et l’art dans un miroir

L’exposition consacrée à Edward Steichen achève la programmation qui avait été établie par Régis Durand avant de quitter le Jeu de Paume. C’est l’occasion de se rendre compte que la photographie dite "historique" habite particulièrement bien ce bâtiment et qu’elle y trouve une place que l’Hôtel de Sully ne peut pas toujours lui offrir. Quoi qu’il en soit, la manifestation organisée par la Foundation for the Exhibition of Photography et le musée de l’Élysée de Lausanne est particulièrement réussie, accompagnée au surplus d’un imposant catalogue.

Cette réussite tient avant tout au travail de recherche d’images peu connues du photographe, la partie de l’exposition qui se tient au rez-de-chaussée est consacrée à la période pictorialiste de l’artiste américain – entre 1900 et 1910 environ. Si la présentation est classique dans son désir de découper les périodes, la découverte de nombreuses épreuves d’une excellente qualité atténue l’affirmation du goût fine arts de l’exposition. Bref c’est l’art qui, sans conteste, gagne ici: Steichen dans ses jeunes années est un virtuose des procédés pigmentaires mais, au-delà des techniques, il est réellement inspiré par la possibilité de noyer le réel dans les matières. C’est l’absence de formalisme qui est le plus convaincant chez-lui: si les sujets restent secondaires, la sensualité est toujours au rendez-vous, les corps, les visages, la nature, ses fameux autoportraits sont toujours convaincants. Nul doute qu’Alfred Stieglitz tenait là, à côté de ce qu’apportera bientôt Alvin Langdon Coburn, un des meilleurs pictorialistes de la Photo-Sécession.

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Correspondance oblique (suite)

La correspondance oblique entamée entre ViteVu et Stan Amand connaît une belle concrétisation avec l'exposition qui ouvrira ses porte la semaine prochaine à Marseille. Mais cet aboutissement est aussi une manière de relancer la partie: rendez-vous donc pour la suite des Lettres durant l'exposition et sur ViteVu.

Soulignons pour ceux qui souhaiteraient rencontrer l'artiste à Paris, qu'il sera mon invité le 10 décembre à l'Institut national d'Histoire de l'art (2 rue Vivienne, 11h00 à 13h00, salle Perrot, 2e étage) dans le cadre du séminaire de Master 2.

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vendredi 21 septembre 2007

Visite des collections de la SFP

image Pour la deuxième fois cette année, la Société française de photographie convie ses membres à se réunir autour de son patrimoine le vendredi 28 septembre. Cette seconde rencontre de deux heures permettra d’examiner des œuvres différentes et complémentaires de la première séance. En s’attardant sur la particularité de certains procédés, nous verrons comment leurs auteurs choisissent de mettre en valeur le paysage parisien qui les entoure dans leurs essais photographiques.
Inscription obligatoire
troufleau.sfp@free.fr
tél. : 01 42 60 05 98
fax : 01 42 60 04 57

Visite gratuite de 10h à 12h menée par Carole Troufléau, chargée des collections
Groupe de 10 personnes maximum.
La SFP se réserve le droit d’annuler la séance s’il y avait moins de 3 personnes inscrites.

Société française de photographie, salle de consultation
71 rue de Richelieu 75002 Paris. Métro : Bourse, Pyramides, Palais-Royal.

mercredi 19 septembre 2007

Mise en vente d'une chambre photographique de Niépce

image En quelques mois, l'archéologie des premiers temps de la photographie s'est enrichie de plusieurs pièces importantes. Après la réapparition d'un daguerréotype Susse à Vienne, après la mise à jour par Pierre-Yves Mahé du laboratoire de Petiot-Groffier à Chalon, la maison Auction Team Breker de Cologne annonce la mise en vente, le 17 octobre prochain, d'une chambre photographique primitive ayant appartenu à Nicéphore Niépce.

Plus récente que la "Chambre de la découverte" conservée au musée éponyme de Chalon, il s'agit d'une camera de petit format (10,5 x 7,1 x 7,7 cm), équipée d'un objectif de 46 mm de focale. Celle-ci porte une marque "N. Niepce" à la pointe sèche. Toutefois, l'élément décisif de l'identification est l'optique, dont l'une des lentilles porte la signature de Vincent Chevalier, authentifiée par Jacques Roquencourt. L'expert a analysé les performances de l'objectif, dont il situe l'usage entre les premiers dispositifs photographiques de l'inventeur (1816) et la signature du contrat avec Daguerre (1829), soit vers 1825. Cette pièce était aux mains d'un collectionneur d'instruments mécaniques, non spécialiste de photographie, qui l'avait acquis en 1982 à Chatenoy Le Royal. D'après Jacques Roquencourt, la chambre a pu faire partie des instruments de l'atelier Niépce, déménagés par son fils Isidore après sa mort et retrouvés en 1851 par Jules Chevrier à Lux. Estimation proposée: 50.000/100.000 €.

Source: http://auction-team.de/..., via Photohist.

mercredi 12 septembre 2007

Un nouveau récit de la photographie

Treize ans après la dernière histoire générale de la photographie publiée en France, les éditions Citadelles & Mazenod annoncent la parution d'une nouvelle somme, qui fait entrer le médium dans la célèbre collection "L’Art et les grandes civilisations". Grâce à la collaboration des meilleurs représentants de la jeune génération d'historiens de l'art et de la culture, cet ouvrage se donne pour objectif de restituer les plus récentes orientations de la recherche dans une synthèse accessible à tous, accompagnée pour la première fois d'une illustration entièrement en quadrichromie.

L'originalité de ce volume est triple. Plutôt que de prétendre à une histoire exhaustive de toutes les manifestations de la pratique photographique, il recadre la préoccupation historique autour du dialogue entretenu depuis ses origines par l'enregistrement mécanique avec les domaines de l'art et de la culture. Ce faisant, il présente la première histoire critique de la tradition photographique, dont il révèle les articulations et les contradictions. Mais sa principale caractéristique est la proposition d'un nouveau récit, construit, charpenté, lisible. Une histoire à lire, une histoire qui explique et éclaire une trame dense de près de deux siècles, d'une rare complexité : voici ce qu'offre un ensemble cohérent de textes, voués à dégager l'économie des mécanismes généraux, dont plusieurs sont décrits pour la première fois. La synthèse que nous proposons est, comme de coutume, un état provisoire d'un savoir en marche. Elle se veut conforme à la mission de l'histoire, qui est d'apporter du sens, non d'augmenter la confusion.

Images inédites ou icônes fameuses, documents étonnants ou œuvres d’art célèbres, l'ouvrage présente en dix chapitres et près de 600 illustrations un parcours à la fois savant et séduisant. Un nouveau récit des origines dévoile le rôle du monde de l'art dans la première réception du médium, mais aussi la vitalité apportée par le commerce ou l'importance du dialogue franco-américain. Plutôt qu'une histoire articulée par le tête-à-tête du photographe et sa machine, le volume souligne en permanence l'apport essentiel des institutions: sociétés, publications, expositions ou musées. Pour les amateurs victoriens comme pour les directeurs de journaux, pour les scientifiques comme pour les artistes, l'image construite s'avère un ressort majeur du dynamisme du médium, non moins puissant que sa fonction classique de traduction fidèle du visible. Parmi les apports inédits de l'ouvrage, signalons encore une nouvelle synthèse du rôle de la photographie dans les sciences, la première histoire graphique de la presse illustrée, ou une analyse contextualisée du rôle du MoMA. Au total, l'image qui se dégage est bien une image nouvelle: non plus celle d'une photographie servante des arts et des sciences, mais celle d'un médium acteur de l'art, de la culture et du savoir, opérateur de quelques-unes des évolutions décisives du monde moderne. Rendez-vous en octobre pour découvrir ce volume.

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jeudi 6 septembre 2007

Ut Pictura Virserius

Avec la série intitulée "Les plis de la terre", Regina Virserius propose un ensemble de vues qui ne sont pas tout à fait des paysages bien qu’il s’agisse de nature. Cette nature dont on sait qu’elle est propice a créer des ressemblances (mimétisme) se trouve ici posée face à nous, dans une nudité qui semble interdire toute analogie. Les artistes et plus précisément les photographes ont été depuis un siècle et demi les principaux artisans d’une image de la nature. Ils ont accompagné sa conquête, sa transformation esthétique en paysage, ils ont même fait des outrages que l’homme lui fait subir une forme de poétique (zone, déchet, catastrophe écologique – on pense notamment à Lewis Baltz) ou bien à l’inverse ils ont tout ignoré de cela dans une pulsion de transcendance moderniste (Ansel Adams). On est, avec Virserius, tout autre part. Tout d’abord parce que sa culture comprend un intérêt fort pour le minimalisme et le land art. Partant, la nature est avant tout un lieu d’expérience et non de contemplation ou de compassion. La nature est bien plus un "matériau" comme l’ont été pour l’artiste les corps dans une récente série intitulée "Inflexion". Mais ce matériau est travaillé par le regard avec un parti pris optique fort, celui d’une forme de rapprochement à la limite de l’immersion, une sorte de distance très courte où l’on ne se sent pas "devant" un paysage, ni "dans" la nature mais sur une ligne de flottaison. Car les points de vue haut sont souvent orthogonaux face à la paroi, ou bien à l’aplomb du plafond nuageux. Plusieurs photographies cadrent le minéral si serré (et l’espace est immense) qu’aucune place ne reste pour le ciel, ce sont les plissés qui gouvernent; puis un ensemble déplace et monte le point de vue: les plissés se déploient en coulures qu’on dirait nées des fameuses expansions de César. Plus haut, de la fumée s’échappe et l’on pense à la célèbre image de Timothy O’Sullivan, enfin on s’élève toujours et l’on rencontre la nappe nuageuse puis on la dépasse. Notre rapport à la nature suit donc une verticale, classique dans ce qu’elle rappelle être une ascension physique et spirituelle. Mais la nature ici ne parle pas, et dans cet en deçà du langage elle est pleine d’une pensée magique. La masse nuageuse devient presque aussi sensible que les steams (vapeurs) s’échappant du sol des célèbres œuvres de Robert Morris, les épanchements minéraux font penser quant à eux à Robert Smithson. Ainsi la nature n’imite rien, car elle ressemble à de l’art, à l’art qui s’est, depuis deux générations, rapproché d’elle avec une empathie qu’aucune théorie n’est venue neutraliser. Regina Virserius dresse une sorte de pont entre ce que l’on peut faire avec la nature et ce qu’elle impose toujours émotionnellement. Cette série, si pleine d’une époque où le terme "écologie" résonne en tout sens, ressemble dès lors à une tentative de réconciliation.

- Exposition Regina Virserius, galerie Éric Dupont à Paris, à partir du 8 septembre (www.eric-dupont.com).
- Retrouver le site de l’artiste www.reginavirserius.com.
- Relire l’entretien de Regina Virserius avec Paul-Louis Roubert sur Vitevu.

Illustration: Plis#5 /2007, 110 x 135 cm, tirage jet encre sur papier Hahne Mühle.

jeudi 30 août 2007

Correspondance oblique (6)

Chaque semaine Stan Amand envoie à Vitevu un message d'outre-atlantique.
Et retrouvez l'ensemble des Correspondances obliques ici

lundi 20 août 2007

Le Canon 40D applaudi

Après plusieurs mois de rumeurs, Canon a levé aujourd'hui le voile sur son nouveau reflex milieu de gamme, le 40D. Allait-il s'agir d'un simple toilettage, comme le passage du 20D au 30D? La pression du marché, en particulier du côté des modèles concurrents de Sony et de Nikon, a forcé les ingénieurs à bien garnir la hotte. Le résultat est prometteur: retenons notamment le nouveau capteur de 10,1 mégapixels, le corps en alliage de magnésium, le boîtier tropicalisé, un traitement d'image sur 14 bits, une meilleure gestion du bruit (1600° ISO exploitables), l'intégration de l'affichage permanent sur un écran 3" (apparu chez Canon avec le 1D Mark III) qui ouvre également la possibilité d'un pilotage à distance en studio, sans oublier le téléchargement Wifi. L'appareil est accompagné de deux nouvelles optiques spécifiques aux capteurs APS-C: un EF-S 18-55 mm f/3.5-5.6 IS stabilisé destiné a remplacer l'actuel zoom d'entrée de gamme, un EF-S 55-250 mm f/4-5.6 stabilisé (auxquelles s'ajoute un intéressant EF 14 mm f/2.8L II USM). En un mot, une belle bête, qui inaugure un nouveau standard et semble bénéficier dès à présent d'un accueil favorable de la part des spécialistes. Annoncé à environ 1350 € boîtier nu à partir de septembre, l'appareil fera certainement l'objet d'offres spéciales à l'approche de Noël. Il n'est pas trop tard pour envoyer une carte postale à ses grands-parents fortunés.

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