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mercredi 24 janvier 2007

Le musée Nicéphore Niépce rend hommage à l'abbé Pierre

Le mythe de l'abbé Pierre dispose d'un atout précieux: la tête de l'abbé. C'est une belle tête, qui présente clairement tous les signes de l'apostolat: le regard bon, la coupe franciscaine, la barbe missionnaire, tout cela complété par la canadienne du prêtre-ouvrier et la canne du pèlerin. Ainsi sont réunis les chiffres de la légende et ceux de la modernité. Roland Barthes, "Iconographie de l'abbé Pierre", Mythologies, Editions du Seuil, 1957.

Illustration: Laurent Gilles, "Rencontre entre Robert Doisneau et l'abbé Pierre", août 1992, gélatino-bromure d'argent, 21,5 x 31,5 cm, © Laurent Gilles.

Autres expositions en cours: "Elina Brotherus. The New Painting", jusqu'au 11 février; "Les yeux de la guerre. 14-18 en images", jusqu'au 11 février.
Musée Nicéphore Niépce, 28 quai des Messageries, 71100 Chalon-sur-Saône, www.museeniepce.com.

mardi 23 janvier 2007

L'événement: à la recherche du musée perdu

image Avec un millier de visiteurs le premier dimanche de son ouverture, l’exposition "L’Evénement, les images comme acteurs de l’histoire" au Jeu de Paume à Paris semble connaître un intérêt qui nous pousse dès aujourd’hui à réfléchir à la nature même du projet. A l’heure des levées de boucliers contre la marchandisation des musées qui témoigne pour le moins d’une histoire de l’art et d’une vision du métier de conservateur figées dans l’aristocratie et le dandysme d’un autre temps, une exposition comme celle du Jeu de Paume pose à son tour une question essentielle: les musées et les lieux d’exposition ne doivent-ils pas repenser leur rapport au savoir et tendre la main au monde de la recherche?

Le montage de l’Evénement s’est effectué avant tout à partir d’un groupe de chercheurs invités à divulguer le produit de leurs propres travaux, jouant ainsi un rôle de producteur et de médiateur de leur recherche. A l’évidence, ces deux métiers peuvent être dissociés, et l’on peut exceller dans l’un et s’avérer médiocre dans l’autre. Néanmoins le chercheur, comme le conservateur, ont beaucoup évolué depuis une génération, reléguant la figure de l’universitaire de cabinet bien loin derrière celle d’un savant citoyen, soucieux de récolter le fruit de ses efforts sur la scène culturelle. Alors, marchandisation de la recherche cette fois? Prostitution de matière grise financée par les universités? Question ridicule qui masquerait une volonté de ne pas toucher au marché de la vulgarisation, qui doit, de plus en plus, être réinvesti par les chercheurs en sciences humaines. Ce marché, qui s’est longtemps cantonné à l’édition spécialisée des manuels, doit désormais accompagner les publics et venir s’implanter dans les hauts lieux du patrimoine et de l’art. Les chercheurs, ces nouveaux "commissaires", par l'expérimentation de nouvelles manières de donner à comprendre leurs travaux, inventeront, de manière certes empirique, de nouvelles façons de nous donner envie de retourner au musée. Si l’exportation lucrative des collections nationales au bout du monde est un faux débat au regard de l’histoire même de nos institutions culturelles, l’importation de la recherche universitaire au coeur des musées ne doit plus être une exception mais alimenter régulièrement un marché intérieur qui, d’ici peu, trouvera aussi moyen d’exporter un savoir comme un faire au delà des frontières.

mardi 16 janvier 2007

L'événement: le vernissage online

image Mettez ensemble quelques-uns des meilleurs spécialistes d'histoire de la photographie et vous obtenez logiquement l'une des plus stimulantes propositions muséographiques de ces dernières années. A l'occasion du vernissage de l'exposition "L'Evénement" au Jeu de Paume, un premier aperçu en images de ses riches parcours, à ne pas manquer jusqu'au 1er avril 2007 (version html, version Flash).

jeudi 11 janvier 2007

L'événement: exposition et boîte à outil de notre culture visuelle

image Mardi 16 janvier, l'exposition intitulée "L'événement, les images comme acteurs de l'histoire" ouvrira ses portes au public à la galerie nationale du Jeu de Paume à Paris. Actuellement en cours d'accrochage, cette manifestation s'annonce d'ores et déjà comme fortement atypique dans le paysage des institutions muséales. En premier lieu, comme le rappelle d'emblée Régis Durand – ancien directeur du Jeu de Paume et initiateur du projet – dans le catalogue (édition Hazan), parce qu'il est rare de consacrer une exposition à une notion, et encore moins à une notion aussi ambigüe que celle d'événement. Ensuite, parce que cette manifestation table sur la circulation des médiums: il ne s'agit pas d'une exposition de peinture, ni de dessin ou de photographie ou bien encore de film, mais tout cela à la fois, c'est à dire d'images. Ajoutons encore que cette exposition est probablement la première du Jeu de Paume a remplir le cahier des charges des intentions initiales du ministère de la culture, en faisant appel aux collections nationales (la Bnf est partenaire, le musée d'Orsay accorde un prêt inestimable) et en articulant patrimoine et création contemporaine. Enfin, ce projet que j'ai mis en œuvre avec Régis Durand l'a été en vérité par toute une équipe de commissaires associés, montrant qu'aujourd'hui une exposition, comme un projet éditorial ambitieux, nécessite la mutualisation des recherches plus que l'affirmation d'un regard de curator.

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