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mardi 31 octobre 2006

Le goût de l'archive

Pour son accrochage dans le cadre du 14e mois de la photographie, on ne pourra pas accuser la Maison européenne de la photographie de céder au charmes du vintage. Hormis les étages inférieurs consacrés à plusieurs présentations autour de la photographie contemporaine (notamment Mutations 1, présentant une sélection de travaux commentés par André Rouillé, qui a souhaité dresser un panorama de la jeune création photographique européenne (sic)), les niveaux principaux du bâtiment sont dévolus à deux expositions "dossier" dans le sillage des préoccupations de l'historiographie contemporaine sur les destins imprimés de l'image photographique.

Un premier échelon se consacre à l’aventure éditoriale et critique de trois images emblématiques du modernisme photographique d'André Kertész, dont sa célèbre Fourchette. "L'Odysée d'une icône" propose ainsi de découvrir à travers coupures de presse, catalogues et monographies d’époque, exposés sous vitrine, comment se forge à travers le temps, de 1928 à aujourd'hui, un canon de l'histoire de la photographie. Un souci de l'archive que l'on retrouve sur les deux étages supérieurs dans "Regarder VU", exposition à la fois didactique et foisonnante. Organisée par Michel Frizot et Cédric De Veigy, elle prend le parti d'extrapoler à l'état de sujet d'étude un objet qui d’ordinaire dépasse rarement, dans ce genre de manifestation, le statut d'élément de contextualisation. Pari ambitieux faisant la part belle aux couvertures et doubles pages (plus de 600) de ce magazine clés du renouvellement de la presse illustrée du XX° siècle.

Peu de photographies en effet mais des images en quantité et un symptôme sans doute du déplacement des objets de l’histoire dont il reste à analyser ici les partis pris.

samedi 28 octobre 2006

Transparences et opacité à Monaco

image L'actuelle exposition de préfiguration du Nouveau musée national de Monaco s'intitule "Lumière, transparence, opacité". Jean-Michel Bouhours, conservateur en chef, et Nathalie Rotischer, conservateur, ont conçu cette manifestation autour d’un ensemble de tableaux dioramiques anonymes du XIXe siècle appartenant au musée (collection du Marquis du Périer du Mouriez). Avec une quarantaine de prêteurs et près de 300 oeuvres, la thématique du tableau transparent se décline sur plus de deux siècles, allant des traitements de la lumière artificielle et du clair obscur dans les peintures du XVIIIe siècle aux projections cinématographiques, en passant par les jeux visuels des boîtes d'optique. Parmi les nombreuses photographies, douze ont été prêtées par la SFP. Choisies pour leur sujet ou les caractéristiques de leur procédé, celles-ci ne pouvaient être mieux mises en valeur.

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mercredi 25 octobre 2006

Au pied du mur

Foule des grands soirs au musée d’Orsay ce mardi 24 octobre pour la réception, à l’auditorium, de Jeff Wall à l’occasion de la présentation dans la série Correspondances d’un dialogue entre Rear view, open air theatre de l’artiste canadien et Le pont de Maincy, une toile de Paul Cézanne réalisée vers 1879.

Sans doute ne fallait-il pas attendre grand chose de cet entretien public entre Jeff Wall et le critique Jean-François Chevrier, où l’on apprendra pourtant que la canadien réside chez le parisien lors de ses séjours dans la capitale et que les vieux couples ne sont peut-être pas les plus dynamiques. Face à un Chevrier plus enclin à imposer un discours – preview d’une monographie à paraître et dûment annoncée au cours de la séance – qu'à engager un véritable dialogue, on a pu voir un Jeff Wall essayant d’échapper aux idées enferrant son travail malgré lui.

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