Une imagerie peut-elle encore servir à « capter des forces », fonction qu’Antonin Artaud attribuait aux productions sculptées ou peintes des Mexicains, et qui, ainsi, constituait pour lui une forme de renaissance associée au mépris de l’art ? Yves Trémorin a choisi la part la plus active de la culture populaire mexicaine qui incarne le combat des forces et fascine les foules, dans les stades comme dans l’espace public : le catch. Le tecnico, catcheur représentant la maîtrise et la dextérité, combat le rudo, plus violent et populaire. Véritable phénomène de société, le héros du catch mexicain est une allégorie du combat entre le bien et le mal, avec tous ses implicites sociaux et politiques. Pour Yves Trémorin, cette vitalité symbolique fournit le cadre général de son travail, à l’intérieur duquel il tente de restituer la dimension non pas muséographique d’un Mexique rêvé, mais celle d’une puissance vivante. La dérivée mexicaine a quelque chose d’un récit initiatique".

Illustration : Yves Trémorin, La dérivée mexicaine, extrait.