Dans l’histoire de la photographie, les représentations d’un pays en temps de paix sont curieusement anachroniques. Ce que l’on a appelé l’humanisme dans la photographie d’après guerre en est un exemple célèbre : il s’en dégage une forme de nostalgie, comme si le temps de paix était toujours reclus dans le confort des souvenirs. C’est l’un des sujets les plus difficiles pour un photographe. Car quels symboles choisir, comment ne pas détourner son propos vers l’anecdote, comment, en un mot, établir un présent du temps de paix ? Marie-Noëlle Boutin fait partie des photographes qui travaillent aujourd’hui cette question en se confrontant à un défi : intensifier des situations dont les images sont anodines. L’artiste nous permet ainsi de reconnaître une forme d’expérience dissimulée sous les apparences du familier.

extrait de Man's land, ouvrage publié aux éditons Filigranes, pour un regard sur sa fabrication.

Marie Noëlle Boutin expose ses Histoires courtes au Musée des beaux arts de Dunkerque jusqu’au 27 juin 2011. Au musée 28 photos réalisées pendant son année de résidence dans la ville de Dunkerque et dans la ville sur les murs, un parcours (le 3eme parcours en réalité) constitué de photos grand format accrochées sur les façades des immeubles.