Les plantes qui occupent l’herboriste Philippe Durand sont en partie une grande allégorie de la néo-colonisation. Photographiée dans divers endroits du monde, l’internationale végétale gagne donc du terrain, c’est une marche lente et silencieuse, que le cinéma ne pourrait pas raconter (trop rapide), ni la littérature (trop narrative), seule la photographie a entamé avec quelques artistes perspicaces la description de la colonisation finale, non sans humour, comme le montre ce mur aux affiches déchirées et dont le hasard dessine une vague, mais néanmoins reconnaissable carte du monde.

Illustration : Philippe Durand « Mauvaise Herbe », exposition galerie Laurent Godin jusqu’au 12 mars 2011.