Pour ma génération, la découverte d’Avedon au seuil des années 1980 correspondait avec la première diffusion de son œuvre "In the American West". Tant et si bien que le génie s’était imposé d’un coup, et définitivement. Si l’on savait bien que ce photographe américain avait derrière lui une réputation plus que sérieuse dans le domaine du portrait et de la mode, ce que l’on découvrait de lui - associé à une forme de dandysme véhiculé par la revue chic Égoïste - comblait une sorte de désir de voir concilier le sélect et l’intransigeance. D’immenses portraits de travailleurs de l’Amérique profonde traités avec l ‘amplitude que l’on réserve aux « grands sujets » venaient peupler l’imaginaire des années « paillettes ».

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