samedi 27 octobre 2007
Pascal Hausherr, "Catastrophes" dans La Vitrine
Par Michel Poivert, samedi 27 octobre 2007 à 12:52 :: Expositions
Fidèle à notre partenariat avec le laboratoire Janvier et l’atelier l’Image Collée, la SFP produit et expose cet automne une image de Pascal Hausherr extraite de sa série inédite "Catastrophes". Toute l’équipe a été séduite par cette jeune femme abandonnée au plaisir d’un soleil radieux et d’une écoute sensuelle. Né en 1957, Pascal Hausherr s'affirme à partir du milieu des années 1990 par un travail alliant autobiographie et mise en scène (dont "Aimez-nous !", 1997 et "Roman conjugal", 2000). Il se consacre aussi au paysage ("Paysage français", 1998-1999 et "Vingt ans après", réalisé au cours d'une résidence d'artiste à Chamalot en 2006). Avec la série "Catastrophes" (2002), il effectue un retour critique à la photographie de rue; suivront, de 2004 à 2006 "De quoi demain", en 2005 "Beijing" (invité à Pékin et exposé dans le cadre du festival DIAF 2005, puis présenté dans La Région humaine au Musée d’art contemporain de Lyon l’hiver dernier); il vient d’achever une série intitulée "GuerreTM". Entretien avec une personnalité rare de la scène française.


L’International Center of Photography de New York consacre actuellement l’ensemble de ses espaces d’exposition à la Guerre Civile Espagnole. Réalisée par Irme Schaber, Richard Whelan (ex-directeur de l’ICP) et Kristen Lubben, une exposition sur Gerda Taro (1910-1937) vient apporter une nouvelle pierre à l’édifice de l’histoire du photojournalisme. Longtemps éclipsée par la célébrité de son maître et compagnon Robert Capa, Taro est ici remise à l’honneur, présentée comme son véritable et nécessaire homologue féminin. S’il ne s’agit pas ici à proprement parler d’une rétrospective (la carrière de la photographe fut extrêmement brève, Taro décédant lors d’un reportage un an après le début du conflit), cette exposition reste majeure, grâce à une sélection de 80 de ses images environ, choisies parmi les archives de l’ICP. Si le style de Taro se révèle être la plupart du temps, sans grande surprise, très proche de celui de Capa, il s’affirme plus personnel dans certaines images plus construites, révélant sa sensibilité aux tendances photographiques contemporaines. Le catalogue accompagnant l’exposition propose une présentation biographique de Taro par Schaber, ainsi qu’un texte passionnant de Whelan sur les problèmes d’attribution des photographies de Taro et de Capa, ainsi que sur la constitution des archives de la photographe. Outre d’excellentes reproductions des œuvres exposées, on y trouve aussi quelques pages tirées de reportages de Taro publiés pour la grande majorité d’entre eux dans Regards et Ce Soir.
L’exposition consacrée à Edward Steichen achève la programmation qui avait été établie par Régis Durand avant de quitter le Jeu de Paume. C’est l’occasion de se rendre compte que la photographie dite "historique" habite particulièrement bien ce bâtiment et qu’elle y trouve une place que l’Hôtel de Sully ne peut pas toujours lui offrir. Quoi qu’il en soit, la manifestation organisée par la Foundation for the Exhibition of Photography et le musée de l’Élysée de Lausanne est particulièrement réussie, accompagnée au surplus d’un imposant catalogue.