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vendredi 21 septembre 2007

Visite des collections de la SFP

image Pour la deuxième fois cette année, la Société française de photographie convie ses membres à se réunir autour de son patrimoine le vendredi 28 septembre. Cette seconde rencontre de deux heures permettra d’examiner des œuvres différentes et complémentaires de la première séance. En s’attardant sur la particularité de certains procédés, nous verrons comment leurs auteurs choisissent de mettre en valeur le paysage parisien qui les entoure dans leurs essais photographiques.
Inscription obligatoire
troufleau.sfp@free.fr
tél. : 01 42 60 05 98
fax : 01 42 60 04 57

Visite gratuite de 10h à 12h menée par Carole Troufléau, chargée des collections
Groupe de 10 personnes maximum.
La SFP se réserve le droit d’annuler la séance s’il y avait moins de 3 personnes inscrites.

Société française de photographie, salle de consultation
71 rue de Richelieu 75002 Paris. Métro : Bourse, Pyramides, Palais-Royal.

mercredi 19 septembre 2007

Mise en vente d'une chambre photographique de Niépce

image En quelques mois, l'archéologie des premiers temps de la photographie s'est enrichie de plusieurs pièces importantes. Après la réapparition d'un daguerréotype Susse à Vienne, après la mise à jour par Pierre-Yves Mahé du laboratoire de Petiot-Groffier à Chalon, la maison Auction Team Breker de Cologne annonce la mise en vente, le 17 octobre prochain, d'une chambre photographique primitive ayant appartenu à Nicéphore Niépce.

Plus récente que la "Chambre de la découverte" conservée au musée éponyme de Chalon, il s'agit d'une camera de petit format (10,5 x 7,1 x 7,7 cm), équipée d'un objectif de 46 mm de focale. Celle-ci porte une marque "N. Niepce" à la pointe sèche. Toutefois, l'élément décisif de l'identification est l'optique, dont l'une des lentilles porte la signature de Vincent Chevalier, authentifiée par Jacques Roquencourt. L'expert a analysé les performances de l'objectif, dont il situe l'usage entre les premiers dispositifs photographiques de l'inventeur (1816) et la signature du contrat avec Daguerre (1829), soit vers 1825. Cette pièce était aux mains d'un collectionneur d'instruments mécaniques, non spécialiste de photographie, qui l'avait acquis en 1982 à Chatenoy Le Royal. D'après Jacques Roquencourt, la chambre a pu faire partie des instruments de l'atelier Niépce, déménagés par son fils Isidore après sa mort et retrouvés en 1851 par Jules Chevrier à Lux. Estimation proposée: 50.000/100.000 €.

Source: http://auction-team.de/..., via Photohist.

mercredi 12 septembre 2007

Un nouveau récit de la photographie

Treize ans après la dernière histoire générale de la photographie publiée en France, les éditions Citadelles & Mazenod annoncent la parution d'une nouvelle somme, qui fait entrer le médium dans la célèbre collection "L’Art et les grandes civilisations". Grâce à la collaboration des meilleurs représentants de la jeune génération d'historiens de l'art et de la culture, cet ouvrage se donne pour objectif de restituer les plus récentes orientations de la recherche dans une synthèse accessible à tous, accompagnée pour la première fois d'une illustration entièrement en quadrichromie.

L'originalité de ce volume est triple. Plutôt que de prétendre à une histoire exhaustive de toutes les manifestations de la pratique photographique, il recadre la préoccupation historique autour du dialogue entretenu depuis ses origines par l'enregistrement mécanique avec les domaines de l'art et de la culture. Ce faisant, il présente la première histoire critique de la tradition photographique, dont il révèle les articulations et les contradictions. Mais sa principale caractéristique est la proposition d'un nouveau récit, construit, charpenté, lisible. Une histoire à lire, une histoire qui explique et éclaire une trame dense de près de deux siècles, d'une rare complexité : voici ce qu'offre un ensemble cohérent de textes, voués à dégager l'économie des mécanismes généraux, dont plusieurs sont décrits pour la première fois. La synthèse que nous proposons est, comme de coutume, un état provisoire d'un savoir en marche. Elle se veut conforme à la mission de l'histoire, qui est d'apporter du sens, non d'augmenter la confusion.

Images inédites ou icônes fameuses, documents étonnants ou œuvres d’art célèbres, l'ouvrage présente en dix chapitres et près de 600 illustrations un parcours à la fois savant et séduisant. Un nouveau récit des origines dévoile le rôle du monde de l'art dans la première réception du médium, mais aussi la vitalité apportée par le commerce ou l'importance du dialogue franco-américain. Plutôt qu'une histoire articulée par le tête-à-tête du photographe et sa machine, le volume souligne en permanence l'apport essentiel des institutions: sociétés, publications, expositions ou musées. Pour les amateurs victoriens comme pour les directeurs de journaux, pour les scientifiques comme pour les artistes, l'image construite s'avère un ressort majeur du dynamisme du médium, non moins puissant que sa fonction classique de traduction fidèle du visible. Parmi les apports inédits de l'ouvrage, signalons encore une nouvelle synthèse du rôle de la photographie dans les sciences, la première histoire graphique de la presse illustrée, ou une analyse contextualisée du rôle du MoMA. Au total, l'image qui se dégage est bien une image nouvelle: non plus celle d'une photographie servante des arts et des sciences, mais celle d'un médium acteur de l'art, de la culture et du savoir, opérateur de quelques-unes des évolutions décisives du monde moderne. Rendez-vous en octobre pour découvrir ce volume.

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jeudi 6 septembre 2007

Ut Pictura Virserius

Avec la série intitulée "Les plis de la terre", Regina Virserius propose un ensemble de vues qui ne sont pas tout à fait des paysages bien qu’il s’agisse de nature. Cette nature dont on sait qu’elle est propice a créer des ressemblances (mimétisme) se trouve ici posée face à nous, dans une nudité qui semble interdire toute analogie. Les artistes et plus précisément les photographes ont été depuis un siècle et demi les principaux artisans d’une image de la nature. Ils ont accompagné sa conquête, sa transformation esthétique en paysage, ils ont même fait des outrages que l’homme lui fait subir une forme de poétique (zone, déchet, catastrophe écologique – on pense notamment à Lewis Baltz) ou bien à l’inverse ils ont tout ignoré de cela dans une pulsion de transcendance moderniste (Ansel Adams). On est, avec Virserius, tout autre part. Tout d’abord parce que sa culture comprend un intérêt fort pour le minimalisme et le land art. Partant, la nature est avant tout un lieu d’expérience et non de contemplation ou de compassion. La nature est bien plus un "matériau" comme l’ont été pour l’artiste les corps dans une récente série intitulée "Inflexion". Mais ce matériau est travaillé par le regard avec un parti pris optique fort, celui d’une forme de rapprochement à la limite de l’immersion, une sorte de distance très courte où l’on ne se sent pas "devant" un paysage, ni "dans" la nature mais sur une ligne de flottaison. Car les points de vue haut sont souvent orthogonaux face à la paroi, ou bien à l’aplomb du plafond nuageux. Plusieurs photographies cadrent le minéral si serré (et l’espace est immense) qu’aucune place ne reste pour le ciel, ce sont les plissés qui gouvernent; puis un ensemble déplace et monte le point de vue: les plissés se déploient en coulures qu’on dirait nées des fameuses expansions de César. Plus haut, de la fumée s’échappe et l’on pense à la célèbre image de Timothy O’Sullivan, enfin on s’élève toujours et l’on rencontre la nappe nuageuse puis on la dépasse. Notre rapport à la nature suit donc une verticale, classique dans ce qu’elle rappelle être une ascension physique et spirituelle. Mais la nature ici ne parle pas, et dans cet en deçà du langage elle est pleine d’une pensée magique. La masse nuageuse devient presque aussi sensible que les steams (vapeurs) s’échappant du sol des célèbres œuvres de Robert Morris, les épanchements minéraux font penser quant à eux à Robert Smithson. Ainsi la nature n’imite rien, car elle ressemble à de l’art, à l’art qui s’est, depuis deux générations, rapproché d’elle avec une empathie qu’aucune théorie n’est venue neutraliser. Regina Virserius dresse une sorte de pont entre ce que l’on peut faire avec la nature et ce qu’elle impose toujours émotionnellement. Cette série, si pleine d’une époque où le terme "écologie" résonne en tout sens, ressemble dès lors à une tentative de réconciliation.

- Exposition Regina Virserius, galerie Éric Dupont à Paris, à partir du 8 septembre (www.eric-dupont.com).
- Retrouver le site de l’artiste www.reginavirserius.com.
- Relire l’entretien de Regina Virserius avec Paul-Louis Roubert sur Vitevu.

Illustration: Plis#5 /2007, 110 x 135 cm, tirage jet encre sur papier Hahne Mühle.