Toujours en voyage, et toujours attentif, Stan Amand développe depuis bientôt dix ans un « Livre » (Lettres et mails à une galeriste) qu’il expose selon son état d’inachèvement – Rome Villa Médicis, Pontaut Combault au Centre photographique d’Ile de France, à l’été de Lectoure, récemment au Bleu du Ciel à Lyon et plus récemment encore à Toulouse et ces jours-ci à Marseille - et dont les ultimes expériences se situeront dans les jours à venir à Montréal (agence d’architecture SHEME et l’Ecole d’architecture de Montréal). Mais « livre » ne décrit pas assez l’originalité de l’entreprise ou plus simplement sa forme : la publication de lettres à une galeriste imaginée, femme de l’art à laquelle l’artiste confie des impressions sur le monde, impressions illustrées et formant à chaque fois une page. Minima moralia à sa manière, l’ouvrage établit un équilibre entre le parodique sérieux des Situationnistes et l’élégance bourgeoise d’une relation épistolaire digne de l’époque d’un Saint-John Perse. Glamour et conceptuel, critique et affectif, Les lettres illustrées sont sur le point de construire une œuvre accomplie, sismographe de notre relation sensible et intellectualisée au monde, inclassable on l’a compris et toute pleine d’une promesse dont on ignore, bien entendu, si elle sera tenue. Gageons néanmoins que ce livre existera bientôt et ne ratons pas le dernier avion puisque l’artiste lui ajoute encore quelques compléments. On doit ainsi à Paul-Louis Roubert l’idée d’inviter Stan Amand à se servir de ViteVu comme d’une boîte aux lettres : l’artiste nous enverra ainsi, chaque semaine, d’où qu’il se trouve dans le monde, un message, faisant du blog un lieu d’exposition in progress. Permières missives aujourd'hui, en guise de bande-annonce : une lettre "programme" suivit d'un mail de fond de court…




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