Des usages narratifs de la photographie en bande dessinée. Coexistence de deux arts populaires

La bande dessinée, dans sa recherche actuelle de nouveaux modes d’expression, donne aujourd’hui la part belle à l’utilisation de la photographie. Plus qu’un simple moyen plastique auxiliaire du dessinateur, l’image photographique joue bien souvent le rôle de ressort narratif. Élément clef de l’intrigue, principal objet de la diégèse, l’image photographique est employée non plus comme un médium invité, mais comme partie prenante de la bande dessinée elle-même.

Nous examinerons ces liens qui, de prime abord, semblent ténus, puisque l’évidence rapprocherait plutôt la bande dessinée du cinéma. Deux œuvres serviront plus particulièrement cette étude. La première, ancienne, est Tintin au pays des soviets de Hergé, mettant en scène le célèbre reporter de fiction Tintin et son fidèle chien Milou. La seconde, récente, est le triptyque Le Photographe de Guibert, Lemercier et Lefèvre, qui, mêlant intimement photographie et dessin, rapporte l’aventure, sur un mode documentaire, d’un photographe lors d’une expédition humanitaire en Afghanistan.

Légende : E. O. Plauen, Vater und Sohn (Père et fils), « La photo bien coupée », ca. 1936 (détail).