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lundi 26 février 2007

Le World Press mis à nu par ses modèles, même

Au bon vieux temps du photojournalisme, où les sujets de la photo se présentaient à nous avec leurs grands yeux pleins de larmes et de souffrance muette, au temps où seuls les auteurs des images étaient détenteurs d'une parole légitime et audible, cela ne serait jamais arrivé. Mais aujourd'hui – à plus forte raison sur un terrain de guerre comme le Liban – les sujets de la photographie reprennent la parole et nous donnent leur avis. Leurs visages ont fait le tour du monde: ils s'appellent Jad, Bissan et Tamara Maroun, Noor Nasser et Liliane Nacouzi, ils ont entre 21 et 29 ans et sont interrogés par le journaliste Gert Van Langendonck pour le journal belge De Morgen. L'entretien est reproduit (en anglais) sur le blog de Samer Mohdad, qui a lancé la polémique. Les jeunes gens analysent les significations de la photographie avec finesse et discernement. Pourquoi est-ce cette image qui a été choisie, se demandent-ils, et non cette autre du corps d'un jeune garçon sorti des ruines de Cana après un bombardement israélien? Serait-ce parce que celle-ci montre la réalité de la guerre, une réalité inconfortable pour les occidentaux? La guerre n'arrive qu'aux gens qui ne leur ressemblent pas: voilà ce que pensent les occidentaux, voilà ce que leurs montrent les images – disent les jeunes gens.

C'était le 15 août, le deuxième jour après la fin de la guerre. Ils étaient réfugiés et revenaient pour la première fois vérifier l'état de leur quartier. La mini Cooper? Prêtée par une amie, elle avait servi à transporter de la nourriture et des médicaments. Décapotée parce qu'il faisait chaud, et qu'ils étaient cinq dans une petite voiture. “Regardez bien l'image, dit Bissan Maroun. Je peux vous assurer qu'on n'est pas en train de s'amuser. Sur nos visages, on lit la consternation de ce qui est arrivé à notre quartier.”

jeudi 22 février 2007

Canon annonce la sortie du EOS-1D Mark III

Attendue avec impatience, l'annonce du nouveau reflex numérique de Canon a été effectuée ce matin sur son site. Si le format du capteur, un nouveau 10 mégapixels APS-H, peut paraître un peu juste, l'appareil a été repensé de fond en comble et présente des spécifications étonnantes en termes de vitesse, avec des rafales à 10 images/seconde ou un buffer de 110 prises de vues en JPEG (30 en RAW). Doté de deux processeurs Digic III, il affiche une sensibilité maxi de 3200° ISO, extensible à 6400°. Outre un nouvel auto-focus et un nouveau système anti-poussières, il propose également le premier écran de contrôle à affichage permanent sur un reflex pentaprisme, un confortable 3". Le Mark III devrait être disponible en avril prochain pour un prix annoncé d'environ 4000 US$.

mercredi 21 février 2007

Polémique sur le World Press Photo 2006

Photojournaliste américain appartenant à l'agence Getty Images, Spencer Platt est l'heureux récipiendaire du World Press Photo Award 2006, pour sa photographie prise en août 2006, sélectionnée parmi 75.000 propositions. Intitulée "Young Lebanese Driving Through Devastated Neighborhood of South Beirut", cette image montre quatre jeunes filles assises dans une voiture cabriolet rouge conduite par un jeune homme sur fond de bâtiments en ruine. Samer Mohdad, autre photojournaliste respecté, directeur de l'Arab Images Foundation, a réagi sur son blog avec virulence le 13 février, critiquant la composition de l'image aussi bien que le jury, qui a selon lui fait preuve d'ironie et de mauvais goût.

Son blog accueille plusieurs commentaires, certains favorables, comme celui de Benoît Rivero, directeur de la photographie aux éditions Actes-Sud. D'autres défendent le choix du jury, comme Jean-François Leroy, directeur du festival Visa pour l'Image, qui se déclare “profondément blessé” par ces critiques. François Marie d’Andrimont, sur Photographie.com, puis Sylvie Kerviel, dans les colonnes du Monde daté du 18 février, font écho à cette polémique.

lundi 12 février 2007

Un entretien avec Jeff Guess

Né en 1965 à Seattle (USA), Jeff Guess vit et travaille à Paris depuis 1988. Après des études de photographie à l'University of Washington - Seattle, il a étudié le cinéma à Paris-III Censier. Chargé de cours à Paris-I puis à l'Ensci-Les Ateliers, depuis 2001 il enseigne la photographie et les nouveaux médias à l'École Supérieure d'Art de Mulhouse. Après avoir développé une œuvre faisant dialoguer cinéma photographie et performance (cf. Bulletin de la SFP n° 7, février 2000), il travaille aujourd'hui sur les bases de données d'images numériques. Depuis le 7 février, il présente dans La Vitrine de la SFP un tirage numérique lambda sous diasec, 100 x 200 cm, Bank of Nature : Concepts (2007).

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mercredi 7 février 2007

Jeff Guess invité de La Vitrine


L'artiste franco-américain Jeff Guess a répondu à l'invite de La Vitrine de la SFP et y présente depuis le 7 février 2007 Bank of Nature : Concepts, une œuvre inédite sur laquelle nous reviendrons très bientôt au cours d'un entretien avec l'auteur.
En attendant, la pièce est à voir 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 dans la vitrine du 71 rue de Richelieu, Paris 2ème, métro Bourse.

La Vitrine de la SFP est soutenue par le laboratoire digital Janvier et les Ateliers de l'Image Collée.

samedi 3 février 2007

"L'archive et le portrait. Les fonds photographiques de l'IMEC"

La prochaine conférence du cycle organisé par la Société française de photographie sera donnée par André Gunthert (chercheur et maître de conférences à l’EHESS) le mercredi 7 février 2007, à 18h, à la Maison européenne de la photographie, 5-7 rue de Fourcy, 75004 Paris, métro Saint-Paul, entrée libre sans réservation.

"L'archive et le portrait. Les fonds photographiques de l'IMEC"

L'Institut mémoires de l'édition contemporaines (IMEC) conserve les archives des écrivains et des grands intellectuels français de la période récente (Althusser, Barthes, Derrida, Robbe-Grillet, etc.). Parmi la collection classique des manuscrits, correspondances et autres documents témoignant d'une oeuvre, depuis peu, sont apparues les photographies. Comment l'image participe-t-elle de la mémoire d'une oeuvre? Quelles sont les contraintes que pose à l'archive ce nouveau matériau? En questionnant les réponses empiriques proposées à l'Abbaye d'Ardenne, on découvre un matériau inédit, où l'image privée côtoie la représentation publique – vrai laboratoire où s'effectue la métamorphose de la personne en personnage. Qu'est-ce qu'un portrait? Les caractéristiques de l'archive éclairent d'un jour nouveau ses fonctions. Un relevé d'enquête autant qu'un programme de recherches.