L'alpha et l'oméga
Par André Gunthert, mardi 6 juin 2006 à 23:48 :: Technique :: #68 :: rss
Si vous avez passé les dernières semaines en villégiature à La-Petite-Pierre (Bas-Rhin), vous ignorez qu'aujourd'hui était attendu le lancement en grande pompe de l'Alpha 100, le premier reflex numérique siglé Sony. Rappel des précédents épisodes: il y a un an, Sony et Konica-Minolta annoncent leur rapprochement. En mars, on apprend l'arrêt des activités photographiques de la double marque, rachetés par Sony. Suite logique, le reflex présenté aujourd'hui était attendu par les mauvaises langues comme une déclinaison du Dynax D5D. L'Alpha a largement dépassé ces prévisions. Sur une base Minolta, les ingénieurs de la firme ont rassemblé en un seul boîtier des performances jusqu'à présent éparses: un capteur CCD de dix mégapixels au format APS-C, un stabilisateur, un anti-poussières, un nouveau processeur de traitement d'images, un autofocus à 40 points, un écran de visée 2.5", la compatibilité avec les objectifs Minolta et l'annonce d'une vingtaine d'optiques prochainement disponibles (dont plusieurs signés Carl Zeiss), enfin un prix de vente situé en-dessous des 1000 $.
D'où vient que, devant cette hotte si bien remplie, on ne peut s'empêcher de réprimer un baîllement? C'est probablement que cette longue liste de spécifications ne comporte pas une seule véritable innovation. L'Alpha sera certainement une des machines à tenir son rang dans la gamme convoitée des reflex numériques d'entrée de gamme, mais il n'apporte rien de plus que les boîtiers disponibles depuis un an ou deux. De la part de Sony, pionnier de l'image numérique qui a souvent créé la surprise, on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine déception. Du strict point de vue de l'innovation, même le bridge Cyber-shot DSC-R1 était plus intéressant, avec son capteur à 10 mégapixels et son zoom 12 x – une vraie tentative de proposer une alternative au reflex. Est-ce parce que les appareils à miroir se doivent d'être plus sages? N'est-ce pas plutôt que cette gamme a désormais atteint une certaine forme de maturité technologique, et qu'il est difficile d'y introduire une rupture décisive? Auquel cas l'Alpha de Sony, avec son large éventail de perfectionnements, offrirait un signe annonciateur de la fin de la fuite en avant des technologies numériques.
Commentaires
1. Le vendredi 9 juin 2006 à 14:14, par pmi
2. Le vendredi 9 juin 2006 à 15:53, par André Gunthert
3. Le dimanche 2 juillet 2006 à 13:11, par Jean-Louis Llech
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