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vendredi 30 juin 2006

Arles: la critique payante fait débat

Plus que sur le programme concocté par Depardon pour les prochaines rencontres d'Arles, le débat photographique semble se focaliser autour des lectures payantes. Rompant avec la tradition de critique "sauvage" - et gratuite - des books, illustrée notamment par la figure emblématique de Jean-Claude Lemagny, l'édition 2006 propose une critique tarifée à 220 € pour 10 expertises. Ce "nouveau service" a fait réagir vivement photographes amateurs et professionnels. Sollicités, plusieurs acteurs du monde de la photo, comme Catherine Derioz, directrice de la galerie Le Réverbère, ont refusé de participer à l'exercice. Après un tir de barrage sur sa liste de discussion, le JDL publie un manifeste intitulé "La photographie est-elle un sport de riche?" et propose d'organiser en complément des lectures payantes des rencontres libres avec quelques grands noms de la photographie pour qui la gratuité garde encore un sens (à l'Espace Van Gogh, de 10h à 19h). Du côté de Photographie.com, la critique argumentée de Hervé Le Goff, déjà signalée ici, s'accompagne d'un dispositif permettant aux internautes de communiquer leurs réactions. C'est la première fois que Photographie.com, jusqu'à présent rétif au web 2.0, s'ouvre aux commentaires interactifs! D'autres échos, ainsi que la réponse de François Hébel à ces critiques, ont également été enregistrés par le magazine. En attendant qu'il rebondisse dans les colonnes des journaux papier, on notera avec intérêt que les organes en ligne du domaine suffisent dès à présent à nourrir le débat. Sans bourse délier!

La recherche et ses mécènes

On l’a appris ces jours-ci: la maison de champagne Roederer a attribué deux bourses de recherche à des travaux menés à partir des collections et projets de la Bibliothèque nationale de France en matière de photographie. Les lauréats, dont nous nous félicitons qu’ils comptent parmi les plus proches collaborateurs de la Société française de photographie: Paul-Louis Roubert et Thierry Gervais, inaugurent ainsi une politique en plein développement en France, celle d’un encouragement des mécènes sur une voie moins uniquement tournée vers la publicité mais vers une communication dont la base repose sur des valeurs essentielles, celles de la connaissance et du patrimoine. Sans angélisme, il faut toutefois noter l’évolution de telles politiques: jugées parfois trop coûteuses, celles qui consistent à organiser de grands événements cèdent parfois le pas à des aventures plus discrètes mais, disons-le, qui conviennent bien plus à une recherche en bonne part délaissée par l’institution publique. On annoncera ici, en avant-première, la création d’une autre bourse de recherche qui sera mise en place à l’automne, fruit d’un partenariat entre la Fondation Neuflize Vie pour la photographie contemporaine et l’Institut national d’histoire de l’art.

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jeudi 29 juin 2006

La bibliothèque s'enrichit

image Conservateur général chargé de mission sur la photographie auprès des Archives de France, en retraite depuis 2000, Michel Quétin est un membre fidèle de la SFP. Ayant entrepris la distribution de sa bibliothèque personnelle, il a constaté le manque d’un certain nombre d’ouvrages dans notre fonds et a décidé de faire don de ceux en sa possession. Classés et inventoriés, les quelques 130 volumes sont désormais à la disposition des lecteurs (voir illustration). Ce geste généreux permet de doter la bibliothèque d'ouvrages aussi indispensables qu'Un art moyen de Pierre Bourdieu, Photographie et Société de Gisèle Freund, ou encore un exemplaire original du catalogue de l'exposition de Steichen The Family of Man. Qu'il en soit chaleureusement remercié!

mercredi 28 juin 2006

So French: Just Book & Pay?

Avec le programme Depardon, on découvre une nouveauté pour Arles: la lecture payante des portfolios, concentrée dans un lieu excentré, à savoir les anciens ateliers SNCF. Les modalités du Photo Folio Review sont clairement explicitées sur le site: un forfait de 220 euros (qui comprend une réduction de 30% sur l’ensemble des expositions et l’accrochage d’une de vos oeuvres dans la Photo Folio Gallery) vous permet de rencontrer des experts internationaux de l’image (bonne connaissance de l’anglais recommandée) et de leur soumettre votre portfolio pendant 20 minutes, très précisément. Le booking se fait sur le net avec la garantie de rencontrer au moins deux des dix lecteurs par vous choisis.
Par Hervé Le Goff, Photographie.com, 23/06/2006.
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jeudi 8 juin 2006

Le n° 18 d'Etudes Photographiques sous presse

Actuellement sous presse, le n° 18 d'Etudes photographiques sera disponible vers le 22 juin.

Sommaire

Traces de l’histoire

  • Michael Lucken, "Hiroshima-Nagasaki. Des photographies pour abscisse et ordonnée"

Modèles critiques

  • Herbert Molderings, "L’esprit du constructivisme. Remarques sur la “Petite histoire de la photographie” de Walter Benjamin"
  • Anaïs Feyeux, "La Generative Fotografie. Entre démon de l’exactitude et rage de l’histoire"

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mardi 6 juin 2006

L'alpha et l'oméga

image Si vous avez passé les dernières semaines en villégiature à La-Petite-Pierre (Bas-Rhin), vous ignorez qu'aujourd'hui était attendu le lancement en grande pompe de l'Alpha 100, le premier reflex numérique siglé Sony. Rappel des précédents épisodes: il y a un an, Sony et Konica-Minolta annoncent leur rapprochement. En mars, on apprend l'arrêt des activités photographiques de la double marque, rachetés par Sony. Suite logique, le reflex présenté aujourd'hui était attendu par les mauvaises langues comme une déclinaison du Dynax D5D. L'Alpha a largement dépassé ces prévisions. Sur une base Minolta, les ingénieurs de la firme ont rassemblé en un seul boîtier des performances jusqu'à présent éparses: un capteur CCD de dix mégapixels au format APS-C, un stabilisateur, un anti-poussières, un nouveau processeur de traitement d'images, un autofocus à 40 points, un écran de visée 2.5", la compatibilité avec les objectifs Minolta et l'annonce d'une vingtaine d'optiques prochainement disponibles (dont plusieurs signés Carl Zeiss), enfin un prix de vente situé en-dessous des 1000 $.

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samedi 3 juin 2006

Le réveil des académies

Il faut saluer en ce printemps 2006, l’accélération qui touche le monde universitaire depuis bientôt un an en matière de développement de l’histoire de la photographie. L’an passé, l’université Paris IV Sorbonne recrutait un maître de conférences (Guillaume Le Gall), cette année, j’ai eu l’honneur d’accéder à un poste de professeur (université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) et tout récemment l’université de Lausanne vient de recruter un maître-assistant (Clément Chéroux). Nous sommes en présence d’un phénomène qui dépasse le symptôme, car l’on peut dire qu’enfin, l’histoire de l’art (discipline d’accueil de tous ces postes) a officiellement - et après des années de contrats et de charges de cours qui ne parvenaient pas à stabiliser la discipline - entériné la photographie comme un des secteurs de recherche essentiel, au même titre que l’architecture. Certains regretteront peut-être d’y voir la naissance d’un académisme, pour un médium qui avait longtemps échappé à la pensée universitaire et s’était vu célébré par les musées; ils remarqueront aussi que l’académie des Beaux-arts a ouvert cette année deux postes à la photographie (ce bastion d’Ancien régime!) pourvu il y a peu par les célèbres Lucien Clergue et Yann Arthus-Bertrand… Mais ne confondons pas tout: en consacrant la photographie sur le terrain académique, c’est aussi pour l’histoire de l’art une manière de rebattre les cartes de ses questionnements et d’observer de nouveaux objets, d’ouvrir ou de rouvrir la question de l’art aux enjeux sociaux et culturels. Non que cette ouverture ait manqué – l’Institut national d’histoire de l’art (qui, lui aussi s’intéresse vivement à une perspective photographique) s’est impliqué dans l’histoire du goût et de la collection –, mais la photographie a le mérite de mettre des notions esthétiques, économiques et politiques nouvelles sur le devant de la scène. Que toutes ces perspectives se prolongent donc et continuent d’affirmer le primat d’une véritable école française dans le domaine.