Compte-rendu de la journée d’études "Pratiques artistiques et photojournalisme"
Par Gaëlle Morel, mercredi 11 janvier 2006 à 21:10 :: Colloques, conférences :: #27 :: rss
La journée d’études consacrée au thème "Pratiques artistiques et photojournalisme" qui s’est tenue à la Maison Rouge le 9 janvier dernier a fait salle comble. Les auditeurs ont pu entendre des interventions variées, mêlant histoire de l’art, théorie, critique et points de vue d’artistes.
Philippe Dagen a inauguré la journée en se concentrant sur l’Afghanistan et la production d’images liée à ce pays. Comparant les photographies panoramiques de Luc Delahaye exposées à la Maison Rouge avec celles produites alors qu’il n’était encore que photoreporter, Dagen a posé la question suivante: le passage au grand format et le refus de la lisibilité historique, appelant la réminiscence picturale, suffisent-ils à assurer un statut d’œuvres d’art aux images ?
Le photographe Gilles Saussier, accompagné de l’historienne de l’art Emmanuelle Chérel, a présenté l’évolution de sa pratique et son retour à Timisoara. Se positionnant face aux images de presse qu’il a produites au moment du "vrai-faux" charnier, Saussier est retourné sur les lieux et réalisé une série d’images aujourd’hui exposée à la galerie Zürcher.
En s’appuyant sur l’ouvrage Kriegsfibel de Bertolt Brecht publié en 1955, associant quatrains et photographies de presse découpées, Michel Poivert a montré comment l’auteur avait transposé les principes du théâtre épique au livre d’images, et présenté là un exemple méconnu d’une pratique artistique se confrontant à la question du photojournalisme. Après avoir rappelé la position de Roland Barthes sur les photo-chocs et celle de Susan Sontag sur le mutisme des images face aux mots, Poivert a évoqué les travaux de Gilles Saussier et d’Alexis Cordesse comme possibilité artistique pour le rétablissement de la vérité et comme opportunité pour les photographies de parler d’elles-mêmes.
À partir de son travail de commissaire du Mois de la Photo à Montréal en 2003, Vincent Lavoie a présenté de nombreuses images montrant qu’il ne peut y avoir de représentations artistiques de l’événement sans prise en compte de l’héritage du photojournalisme. Il a notamment insisté sur le problème de la reconstitution historique et montré que les images d’artistes constituaient une sorte de "stoppage" médiatique.
Pascal Convert a évoqué son travail de sculpteur, réalisé à partir de trois images de presse devenues des icônes. Insistant sur l’importance de la question de la famille dans son œuvre, il a présenté la photographie à partir de laquelle il entend travailler par la suite.
Enfin, Georges Didi-Huberman a conclu cette journée en s’appuyant sur les œuvres de Convert: la multiplicité des références historiques suppose qu’une image implique une durée au-delà du temps qu’elle représente. Didi-Huberman a montré que si l’événement était une histoire de courte durée, la sculpture offrait à l’image une sorte de devenir-œuvre, un relief supplémentaire et une densité qui les faisaient fonctionner ensemble.
Après quelques questions du public, la journée s’est achevée autour d’un verre de vin.
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Programme de la journée d'études "Pratiques artistiques et photojournalisme", 27 novembre 2005.
Commentaires
1. Le mercredi 18 janvier 2006 à 15:30, par Catherine Harmant
2. Le jeudi 9 février 2006 à 02:05, par Un étudiant
3. Le samedi 11 février 2006 à 20:25, par Un autre étudiant
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